Présentation de l’auteur

Intrigué par la 3ème version de “Pop Corn” (1972) puis par “Radioactivity” de Kraftwerk en 1975, la sortie de “Oxygène” de Jean-Michel Jarre, en 1976, fut un déclencheur. Cette même année Korg sortit le MiniKorg 700-S, premier synthétiseur destiné au public. Passant par hasard devant un magasin de musique à Cherbourg, je le vis comme un OVNI parmi les orgues électroniques, le vendeur n’y comprenait rien, et je me dis que c’était exactement ce qu’il me fallait.

De retour dans ma ville natale, à Bordeaux, le panneaux de patch du MS-20 m’excitait particulièrement, et je l’achetais illico. L’année suivante, j’achetais un polyphonique qui n’était pas donné, l’Omni-II d’ARP, avec une section synthé très embryonnaire mais des nappes qui sont restées une référence. Surtout, ce synthé a une sortie séparée pour la basse monophonique. Très pratique, car suivie par l’ESP du MS-20, que je complétais par un séquenceur SQ-10, la main gauche sur l’Omni-II permettant ainsi de jouer accord et séquence de basse à elle seule. C’était l’époque du grand succès de Tangerine Dream, “Ricochet”. L’achat d’une chambre d’écho me permit de jouer dans ce style pendant des heures, en live.

En 1980 les démonstrateurs du Salon de la Musique à Paris commencent à me connaître, car je leur pose des questions techniques. L’un deux me signale un recrutement de vendeur-démonstrateur, je me retrouve à Rochefort-sur-mer, à la tête d’un rayons de synthétiseurs de rêve ! 1981 j’écris à Claviers Magazine pour faire une petite critique de l’un de leurs articles. La rédaction me défie en me proposant de faire mieux… chiche ! J’écris un petit banc d’essai d’une mini boîte à rythme de Yamaha, la MR-10. Essai transformé, je deviens testeur pour le magazine. Ensoniq France me confiera aussi la rédaction de plusieurs modes d’emploi, et me prêtera même du matériel pour une session de formation de professeurs de musique organisée par le Rectorat de Bordeaux. Je deviens formateur à mon compte en créant l’Ecole de Synthétiseurs d’Aquitaine. Mais le temps de l’analogique, facile à “vendre”, est compté…

1983, sortie du DX7 Yamaha. Panique dans le milieu : c’est délirant, mais personne ne comprend comment ça marche, pas même les vendeurs. Ce défi était pour moi : 2 heures d’étude et de prise de note dans un magasin de musique, 1 mois d’écriture “à l’aveugle”, 2 heures de vérification, tout était OK… je sors “Maîtrisez votre DX” qui fait un carton absolument incroyable ( récit détaillé ici ). Mais en 1985 arrive sur le marché un autre synthé, le D-50, basé sur l’échantillonnage en ROM, on peut faire du gros son en 3 secondes… c’est la mort du travail de recherche sonore, la mort des synthés hérissés de potentiomètres. La suite ne m’intéresse pas. Mon histoire personnelle avec les synthés s’arrête-là, après avoir vendu 21.500 exemplaires de “Maîtrisez votre DX”. Je garde un MS-20, un 800-DV, un DX7. Mes dossiers finissent dans des cartons d’archives, et je tourne la page.

En 2004 un ami, Loick Mellin, à qui j’avait revendu un vocodeur Korg il y a longtemps, reprend contact avec moi pour fêter l’anniversaire du Minimoog au milieu de la collection d’Olivier Grall. Il me dit aussi que le DX7 fait son retour en tant que synthé de référence… Je résiste un peu, mais il trouve les mots qu’il faut. Je connaissais un peu Audiofanzine, cette fois je plonge. Je reprends mon bouquin sur le DX, je le rénove, je le rebaptise “Maîtrisez la FM” pour viser plus large (et au passage j’achète deux DX7IIfd). Mon ancien éditeur estime que le projet de livre n’est pas rentable : qu’à cela ne tienne, j’achète une bonne imprimante, je mets à profit mon expérience de maquettiste graphiste, et j’ouvre un premier site internet dédié à la FM.

Je réfléchis à concrétiser un autre écrit sur les synthétiseurs analogiques. Les années passent… en 2017 je trouve (enfin !) le temps de le réaliser. Un mois de travail d’arrache-pied pour réaliser aussi de nombreuses illustrations et mesures et mettre en ligne le présent site. Je fusionne les deux travaux sous le titre “Le synthé analogique soustractif et FM algorithmique”. Et voilà.

Le site me permet de diffuser ce livre, qui est toujours en auto-production. Il me permet aussi de mettre en ligne le contenu de quelques archives, qui ne servent à rien si elles restent dans des cartons. N’hésitez pas à me solliciter, et bien sûr à faire connaître le site. D’avance, merci.

Alain Cassagnau

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